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« Cacao zéro déforestation » : le programme Equité à l’honneur

« Filières cacao zéro déforestation, agroforesterie, traçabilité, qualité des produits : quels résultats des projets d’appui aux coopératives agricoles ? » telle était la conférence organisée par l’AFD et le Ministère ivoirien des Eaux et Forêts, à l’occasion de la Journée Focus sur les Eaux et Forêts le 26 novembre 2020 sur le SARA d’Abidjan. Deux représentants du programme EQUITE ont été invités à présenter les résultats encourageants mis en œuvre au sein des coopératives de cacao ivoiriennes certifiés équitables dans le cadre de la 1ère phase du programme.


Dans le cadre de la stratégie de France en matière de déforestation importée (SNDI) et de la Stratégie nationale REDD+ de Côte d’Ivoire, la question d’une production durable de la filière cacao qui n’empiète pas sur la forêt était au cœur de cette conférence.


(Au centre de l'image) M. Fulbert Dago, responsable adjoint du programme EQUITE et M. Kaboré, responsable technique de la coopérative ivoirienne CAMAYE, le 26.11.2019 au SARA d'Abidjan.


Fulbert Dago, responsable adjoint du programme EQUITE, a présenté les résultats prometteurs de projets soutenus par le programme EQUITE et mis en oeuvre par cinq coopératives de cacao en Côte d’Ivoire :

  • La gestion durable de la fertilité des sols par l’utilisation de fumure organique comme le compost et la fiente en tant que fertilisants de substitution aux engrais chimiques : Les producteurs de trois coopératives de l’union Ecookim et de la coopérative CANN ont expérimenté la mise en place d’un service de production de compost directement sur les parcelles par 68 jeunes: plus de 500 tonnes de compost ont été produit et ont permis de fertiliser plus de 100 ha de cacaoyers.

  • Un accroissement du nombre d’espèces végétales et spécifiquement du nombre d’arbres associés au cacaoyer : Dans le système agroforestier proposé et mis en œuvre par la coopérative Camaye, ce sont plus de 15 espèces et en moyenne 126 arbres fruitiers et forestiers, qui ont été associés aux cacaoyers sur un hectare contribuant ainsi à l’amélioration de la biodiversité cultivée.

  • Une amélioration significative des revenus notamment grâce au prix permis par les certifications bio & équitable : en particulier pour les producteurs membres de SCEB, qui ont perçu pour leur cacao 1830 FCFA par kg, soit plus du double du prix bord-champ conventionnel actuel

  • Une amélioration des revenus aux producteurs grâce à la diversification culturale sur les parcelles : c’est le cas de la coopérative de CAMAYE dont les 20 producteurs qui ont mis en œuvre les SAF (Systèmes Agroforestiers) ont engrangé des revenus substantiels issus de la vente de produits vivriers principalement de l’igname et de la banane plantain.

Mr Kaboré, responsable technique, de la coopérative ivoirienne de cacao CAMAYE a pour sa part présenté les résultats obtenus à l’échelle de sa coopérative suite à la mise en place en place d’un Système cacaoyer Agro-forestier complexe avec trois strates arborées :

  • Première strate arborée : 1.320 jeunes cacaoyers et 1.320 bananiers Les bananes obtenues constituent une source de revenu complémentaire substantielle et les larges feuilles des arbres fournissent un ombrage aux jeunes cacaoyers de 3 à 5 ans.

  • Seconde strate arborée: 100 arbres fruitiers (agrumes et avocatiers) La vente des fruits représente également une nouvelle source de revenu. A l’âge adulte, les arbres procurent un ombrage de plus longue durée aux cacaoyers adultes.

  • Troisième strate : 26 arbres forestiers (fraké, apki) Ces arbres sont destinés à fournir un ombrage de très longue durée et permettent aussi d’héberger des insectes auxiliaires (comme les fourmis rouges ennemies des mirides).

Les résultats obtenus par CAMAYE sont significatifs et impressionnants à plusieurs titre :

  • Une amélioration significative de la résilience des systèmes de culture cacaoyers face au changement climatique : le taux de survie des cacaoyers est de 94% alors que la référence reconnue au niveau national est de 74%.

  • L’accroissement de la biodiversité cultivée : avec plus de 15 espèces cultivées sur la même parcelle (cacaoyers, bananiers, orangers, avocatiers, arachide, igname, gombo, piment, tomate, chou, fraké, akpi et gomboro)

  • Une augmentation importante des sources de revenus pour les producteur·rice·s : des rendements de l’igname supérieurs de 50, une augmentation de plus de 130% des rendements de bananes plantain et au final un revenu annuel pour les producteurs multiplié par 2.

Un programme mené par :

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