• Commerce Équitable France

L'agroforesterie identifiée comme une priorité pour les acteurs de commerce équitable français

Dernière mise à jour : 29 nov. 2021

Commerce Equitable France a réuni pendant une journée de séminaire les acteurs français du commerce équitable et plusieurs expert.e.s de l’agroforesterie cacaoyere (NITIDAE, KINOME, KAOKA, AVSF). Une opportunité pour le mouvement français du commerce équitable de renforcer son expertise sur la thématique et de mieux articuler commerce équitable et transition agroécologique en Afrique de l’Ouest.


Le 21 septembre 2021, Commerce Equitable France a réuni une vingtaine d’acteurs français du commerce équitable (entreprises, labels, distributeurs et ONG) dans le cadre d’un séminaire" Commerce équitable et l’agroforesterie: quelles réponses aux défis sociaux et environnementaux de la filière cacao?”.


@LeticiaCorrêa: Tenue du séminaire “Commerce équitable et agroforesterie”


Elsa Sanial de l’ONG Nitidae et Yohann Fare du bureau d’études Kinomé ont partagé leur expertise sur les principes fondamentaux de l’agroforesterie cacaoyère et leur analyse des principaux facteurs de réussite et freins à l’adoption de cette pratique par les producteur.ice.s en Afrique de l’Ouest.


Plusieurs expériences de terrain de cacao agroforestier de terrain ont été présentées :

Le projet Camaye Vert, présenté par Monsieur Kaboré, conseiller technique de la coopérative ivoirienne CAMAYE et soutenu par le programme Equité 1, a permis à une vingtaine de producteur·rice·s de la coopérative CAMAYE de mettre en place des systèmes agroforestiers complexes en trois strates végétatives de production de cacao. Le succès de ce projet agroforestier s’illustre par la conversion de 300 producteur.ice.s en Agriculture Biologique, l’augmentation des rendements des cultures vivrières et une adoption spontanée des nouvelles pratiques agroforestières par les membres de la coopérative. (Pour en savoir plus sur le projet CAMAYE Vert)


L’entreprise Kaoka a présenté les différents systèmes agroforestiers mis en place par les coopératives auprès desquelles ils s’approvisionnent. A Sao Tomé, les producteur.ice.s sont accompagné.e.s sur la rénovation de leurs vieilles plantations coloniales en les redensifiant et les associant avec des cultures vivrières. Kaoka mène également un programme de rénovation des plantations (greffage, taille) du cacao national sur SAF en Equateur, pour obtenir des rendements similaires au cacao hybride CCN51, plus résistant aux maladies mais de moindre qualité. Enfin, les producteur.ice.s péruvien.ne.s travaillent sur des jeunes plantations de cacao substituées à la culture de coca, afin de rétablir une connectivité écologique et maintenir une diversité d’espèces au sein des plantations, détruits par la déforestation brutale causée par les narcotrafiquants


Cédric Rabany, co-directeur de l’ONG Nitidae nous a présenté l'expérience de la coopérative ivoirienne PCBM située à proximité de la forêt de la Mé en Côte d'Ivoire qui a relancer la production de cacao dans des cacaoyères de plus de XX années et a pu obtenir une certification agriculture biologique. Le stockage du carbone sur ces vergers en jachère a donné lieu à la mise en place d’une “prime pour service environnemental" qui est payée par l’entreprise importatrice AlterEco, en sus de la prime bio et équitable, permettant aux producteur.ice.s de réinvestir dans leurs vieilles cacaoyères.


Yohann Fare de KINOMÉ a présenté un état des lieux des différentes parties prenantes de la filière cacao ouest-africaine et de leur implication et positionnement en faveur ou non de l’agroforesterie. Kinomé anime le programme “Cocoa & Forest Knowledge Exchange”, porté par l’ONG Alisos et soutenu par la Banque Mondiale, qui rassemble les ministères, ONG, centres de recherches et secteur privé autour de la promotion de la production d’un cacao durable en Amérique Latine et en Afrique de l’Ouest. A l’issue de ce programme, un guide sur l’agroforesterie et le cacao durable sera produit pour partager les bonnes pratiques identifiées et des leviers de réussite.


A l’issue de cette journée, les participant.e.s ont construit une vision commune autour des défis et facteurs de réussite de l’agroforesterie cacaoyère en Afrique de l’Ouest et sont prêts à avancer ensemble pour construire une filière plus durable.


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