Commerce équitable et économie circulaire : Interview de M. Souleymane Konate, coordonnateur de la COOPAKE

12/07/2017

 

Au Sud-Ouest du Burkina Faso, la Coopérative Agricole du Kénédougou (COOPAKE) produit des noix de cajou décortiquées et de la mangue séchée. Avec le soutien du RONGEAD et du programme Équité, la coopérative a adopté un système de transformation de ses déchets de production en source d’énergie et en compost, plus économiques et respectueux de l’environnement. Nous avons demandé au coordonnateur de la coopérative, M. Souleymane Konate, de nous en dire plus :

 

 

Quels sont les problèmes posés par la gestion des déchets de production d’anacarde et de mangue dans votre coopérative ?

 

« Les coques de noix de cajou sont problématiques parce qu’elles sont volumineuses, corrosives et inflammables, et quand on les incinère pour s’en débarrasser, cela produit une fumée épaisse et irrespirable. Quant aux résidus du séchage de mangue, ils fermentent très facilement et génèrent des liquides acides. Ils sont responsables d’une pollution biologique de l’eau. Ils sont aussi un milieu de propagation massive des mouches des fruits, qui produisent de véritables nuisances pour la population riveraine et pour les vergers. »

 

Quelles solutions techniques avez-vous adoptées pour gérer ces déchets ?

 

« La COOPAKE s’est équipée d’un High Calorific Cashew Pyrolyser (H2CP), une technologie innovante développée par l’ONG RONGEAD et qui a fait ses preuves dans la sous-région. Il s’agit d’un fourneau en deux parties : les coques sont carbonisées dans le premier compartiment, et le gaz que les coques dégagent passe dans la deuxième partie du fourneau où il est brûlé directement. Cette technologie est fiable, accessible aux techniciens de chaufferie, et fait appel à des artisans locaux. C’est un bon moyen de se débarrasser des déchets d’anacarde de façon non polluante.

Pour la mangue, plutôt que d’abandonner les résidus en un tas qui se dégrade mal, nous avons mis en place un système de compostage qui permet de mieux contrôler la décomposition et d’éviter les impacts négatifs sur la fertilité des sols et la qualité de vie des riverains. »

 

 

Êtes-vous satisfaits de ces innovations environnementales ?

 

« Tout à fait, ces innovation ont généré des bénéfices non négligeables. Avant les déchets étaient un fardeau, maintenant ils sont un atout ! Quand on brûle les fumées dégagées par les coques de cajou, cela produit de l’énergie qui sert à alimenter l’activité de décortiquage. Nous avons réduit à zéro notre consommation de bois de chauffe et de gaz butane, et nous utilisons désormais une source d’énergie renouvelable et peu coûteuse.  Aujourd’hui, nous arrivons à valoriser environ la moitié des coques, et nous voulons acquérir un deuxième four H2CP pour traiter 100% des coques et alimenter l'activité de mangue séchée !

Quant au compost, il est utilisé comme fertilisant organique, à la place des engrais chimiques, ce qui nous permet là aussi d’être plus autonomes sur notre consommation d’intrants et de manipuler moins de produits toxiques pour l’environnement et les producteurs. »

 

Pour en savoir plus sur la technologie H2CP, cliquez >>ICI<<

 

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